Catalogue

Le grand Autre

Ludovic Debeurme
296 pages. Format 22 × 29 cm. Poids 1400 g
Collection Solange ISBN 978 2 915492 35 4.
Parution 11/2007

Poursuivant l’exploration de son univers intérieur, Ludovic Debeurme s’enfonce toujours plus loin au coeur des ténèbres pour y trouver la lumière. Des créatures fragiles et énigmatiques, anges déchus, enfants à jambe de titane, oiseaux à tête humaine, peuplent ce Ludoland, à cheval entre rêve et réalité.
Trop étrange pour ce monde stupide, il aurait mieux valu pour Louis de ne pas être né. Les yeux qu’il a reçus dans son enfance d’une créature maritime lui font voir les choses telles qu’elles sont sous le vernis des apparences, lourd fardeau qui le condamne au spectacle de la noirceur des âmes et de la médiocrité environnante. Il ne peut échapper à cette vision cauchemardesque qu’en portant des prothèses oculaires qui achèvent de le rendre monstrueux aux yeux des autres. Son quotidien n’est alors qu’un long rite initiatique et cruel où chaque instant de bonheur se paie en humiliation. Bien sûr, il y a Célia, belle, intacte, différente, la seule à ne pas craindre de l’approcher… Mais même son amour naissant ne peut retenir Louis, qui choisit d’abandonner les territoires humains pour celui des insectes et des oiseaux. Pourtant, les forêts ne recèlent pas moins de monstres et de dangers que les villes des hommes…
Si les précédents livres de Ludovic Debeurme l’avaient rangé parmi les auteurs incontournables de sa génération, il signe avec « Le Grand Autre » un chef d’oeuvre détraqué et bouleversant comme le Neuvième Art en produit peu. Empruntant aux imageries populaires, religieuses et scientifiques, il trouve ici un dessin plus pur et plus émotif que jamais, s’affranchissant des codes de la bande dessinée et puisant son inspiration dans les associations d’images et d’idées, laissant le récit couler devant lui, fluide et libre.
Sous le regard des créatures des bois et des sous-sols, « Le Grand Autre » emporte ses héros et ses lecteurs, de falaise désolée en forêt mystérieuse, vers un espoir ténu, comme la rivière de « La Nuit du Chasseur » emmène les enfants perdus loin du danger.