Cornélius en direct

Cornélius vous parle en long, en large, à tort et à travers. Le blog des Éditions Cornélius, maison d'édition française créée en 1991 et spécialisée dans la BD.    News / Actualités.

Luciano Bottaro

Brèves


Planning Angoulême 2018

Jeudi 25 janvier 14h / 15h30 : Dédicace Singeon (stand Cornélius - Nouveau monde) Vendredi 26 janvier 11h / 12h30 : Dédicace Giacomo Nanni (stand Cornélius - Nouveau monde) 14h / 15h30 ...

Tournée de dédicaces Francis est papa

À l'occasion de la sortie du dernier tome de Francis blaireau farceur, intitulé Francis est papa, Claire et Jake sillonnent la France pour signer leur dernière progéniture. Pour ne ...

Pepito 2 - La préface

Pour ceux qui ont lu Pepito dans leur enfance, il est impossible d’oublier le royaume géométrique de Las Ananas et son équipe de corsaires plus prompts à se saoûler qu’à lutter contre ...

Fascicule Smart Monkey

Pour accompagner la sortie de la nouvelle édition de Smart Monkey de Winshluss, nous avons réalisé un fascicule de 16 pages qui contient la toute première version de cette histoire ...

Planning Angoulême 2017

Jeudi 26 janvier 17h-19h : Dédicace de Ancco (Stand Coréen - Pavillon Asie) Vendredi 27 janvier 10h30-12h : Dédicace de Benoît Preteseille (stand Cornélius - Nouveau monde) 13h-15h : ...

Exposition Regard 9 à l'Espace Saint-Rémi

Il vous reste encore une petite semaine pour visiter la belle exposition du Festival Regard 9 à l'Espace Saint-Rémi! Cette exposition consacrée aux auteurs Cornélius présente des ...

Résultat concours de la plus belle Nicole

Bonjour à tous! Un grand bravo à notre gagnante du concours de la plus belle Nicole: Lucie Dartois allias Valse Noire! Et un grand merci à tous les participants! Découvrez tous les ...

Concours de la plus belle Nicole

Hola les grouikos! C'est Nicole, votre bonne vieille copine! Parce que je suis géniale et généreuse, je vous offre la possibilité de gagner un exemplaire du dernier tome de Nicole (et ...

Planning Angoulême 2016

Jeudi 28 janvier 14H: Concert dessiné au théâtre avec Hugues Micol, Zeina Abirached, Alfred, Benjamin Bachelier, Richard Guerineau, Marcello Quintanilha, Dash Shaw et Bastien Vivès. ...

Vendetta

Ce week-end, ne ratez pas le festival Vendetta à Marseille, organisé par Le Dernier Cri, actuellement menacé par les blaireaux bruns de la région PACA. Le détail est ici. ...

Killoffer en direct !

Attention attention ! Ce samedi 5 novembre 2015 à 17 heures, Killoffer en personne — L'Homme/L'Auteur/Le Personnage — viendra visiter le librairie Mollat à Bordeaux pour une séance de ...

Preteseille chez Mollat

Ce samedi 5 janvier à partir de 16 heures à la librairie Mollat de Bordeaux, Benoît Preteseille viendra dédicacer ses ouvrages à l'occasion de l'exposition consacrée à sa maison ...

C'est un coup dur, un moment pénible, Luciano Bottaro est mort la semaine dernière. Cette nouvelle me rend très triste. Il était l'une des grandes influences de Charlie Schlingo... Pour ceux qui ont lu Pepito dans leur enfance, il est impossible d'oublier le royaume géométrique de Las Ananas et son équipe de corsaires imbibés qui luttaient sans répit contre l'oppresseur, sa Ventripotence Hernandez de la Banane...


Quelques fascicules Sagedition et la réédition de Futuropolis.

Pour ma part, j'ai découvert cette série merveilleuse assez tardivement, vers vingt ans, lorsque j'ai commencé à m'intéresser aux "petits formats" qu'on m'interdisait implicitement lorsque j'étais enfant. Je voyais bien passer les Tartine et les Zembla entre les mains de mes cousins ou dans la cour de récréation, mais ces fascicules crapoteux restaient pour mes parents des lectures moins acceptables que Tintin, Pif ou Spirou.
C'est donc des années plus tard que j'ai pu lire enfin les aventures du petit corsaire, en me désolant que les éditeurs contemporains aient laissé tomber dans l'oubli un personnage aussi savoureux. Une tentative de réédition par Futuropolis, dans les années 1980, était passée inaperçue et n'avait pas incité l'éditeur à poursuivre sur sa lancée. Vents d'Ouest avait à son tour connu l'échec peu après avec un livre affreux qui ne contenait que très peu d'histoires de la main de Bottaro. Et aucun éditeur d'envergure n'avait ensuite daigné se pencher sur cet auteur majeur de la bande dessinée populaire. C'est d'autant plus regrettable qu'il y avait quantité d'autres séries de Bottaro qui méritaient au moins autant que Pepito d'être republiées, comme Baldo ou Whisky et Gogo.
Des années plus tard, je suis allé rendre visite chez lui, à Rappalo, à celui qui était devenu l'un de mes auteurs fétiches et une source d'inspiration majeure pour Cornélius, comme le prouvent les quelques couvertures présentées plus haut. Il m'avait accueilli très gentiment et m'avait consacré toute une après-midi, répondant en détail à mes questions et me décrivant une vie de travail jalonnées par la passion de la bande dessinée et par l'ingratitude et les trahisons de ses éditeurs successifs. Malgré les injustices flagrantes dont il avait était victime, sa conversation ne s'était jamais égarée dans les récriminations ou dans l'aigreur, et ce regard poli, presque fataliste, qu'il portait sur sa propre carrière m'avait saisi et profondément ému.
J'étais ressorti de son appartement bouleversé par la description qu'il m'avait faite d'une condition qu'on a peine à imaginer, aujourd'hui que la bande dessinée a gagné en considération et que ceux qui la font sont reconnus comme des artistes à part entière. Je me rappelle que j'étais comme sonné, hagard, et que je m'étais assis sur la plage au milieu des baigneurs tardifs, incapable de profiter du soleil et de la langueur de cette Italie familiale et populaire; incapable de m'extraire de ce récit riche d'anecdotes et de détails sur les coulisses d'une œuvre infiniment attachante. Créateur génial et farfelu, Bottaro avait réalisé, seul ou en collaboration, près de 20 000 pages (!) au cours de sa carrière, dont une bonne moitié au profit de la branche italienne de Disney. Pressé de produire par des éditeurs avides de rendement et avares de toute reconnaissance, il avait sacrifié l'essentiel de son existence à alimenter la machine, travaillant "au prix du marché" sans jamais percevoir le moindre droit d'auteur. Pire, ses employeurs avait pillé ses idées et revendu ses personnages sans son accord, multipliant les éditions "pirates" à l'étranger et ne jugeant pas utile de lui restituer ses planches originales. C'est d'ailleurs pour avoir réclamé qu'on lui rende une partie de ses originaux de Donald que cet homme modeste et scrupuleux avait connu l'humiliation d'être "blacklisté" par la Mondadori (l'équivalent italien de Hachette), scandalisée qu'un dessinateur puisse faire preuve d'une telle audace. La même Mondadori n'hésita pourtant pas à faire jeter quelques années plus tard des milliers de planches originales dans une décharge lorsqu'elle dut faire de la place dans ses entrepôts... Prévenu de l'opération, un marchand d'originaux en récupéra un bon nombre et s'empressa de les revendre dans sa boutique aux amateurs... et à Bottaro lui-même!
Ce récit, que je conserve précisément en mémoire, est édifiant sur les conditions ignobles dans lesquelles quelques-uns des plus extraordinaires créateurs de bande dessinée ont été maintenus et malgré lesquelles, on ne sait pas quelle force, ils ont su trouver la ressource d'inventer et de faire œuvre personnelle. Les témoignages de grands mangakas ne diffèrent pas de celui de Bottaro, et Harvey Kurtzman, que j'ai eu la chance d'interroger sur son parcours légendaire il y a presque vingt ans, avait rassasié ma curiosité par une série d'anecdotes toutes plus abominables les unes que les autres, qui avaient en commun de le montrer, là encore, se faisant déposséder par ses éditeurs de ses droits, de ses idées et de ses originaux. Le sommet de l'horreur étant une séance de vente aux enchères au cours de laquelle Kurtzman vit la couverture qu'il avait dessinée pour le numéro 1 de Mad vendue par Bill Gaines, son ancien éditeur, à Steven Spielberg pour la somme de 100 000 $...
Après cette entrevue avec Luciano Bottaro, j'ai cherché un temps à intéresser de gros éditeurs à la réédition de Pepito, conscient que Cornélius n'avait pas la capacité à l'époque de défendre correctement ce genre de projet. Et puis l'année dernière, lassé d'attendre que l'un ou l'autre se décide, je m'étais lancé, et j'avais repris contact avec lui, pour lui proposer d'éditer plusieurs gros volumes de ses meilleures séries.
Il était malade, harcelé par les avocats de Danone qui voulaient lui interdire l'usage du nom Pepito (ces salopards ont perdu mais se sont pourvus en appel). Pourtant, il était toujours aussi aimable et enthousiaste dès qu'il s'agissait d'évoquer l'avenir. Au fil des appels téléphoniques, j'ai perçu que sa situation était plus grave qu'il ne voulait l'avouer. La pudeur le partageant à l'optimisme, il faisait en sorte de parler d'autre chose et continuait d'évoquer de nouvelles idées et de nouvelles histoires. Je ne le cache pas, ces coups de fil me crevaient le cœur. Mais j'avais l'espoir que j'aurai le temps d'offrir à cet artiste que j'admire tellement une édition qui lui fasse honneur. Et puis voilà, c'est trop tard... Je sais que je ne vous dis pas assez la poésie, la drôlerie et l'invention de Bottaro... Mais c'est comme ça, cette nouvelle m'a rendu sinistre, j'en suis désolé...


L'éditeur Roland Jouve, connu surtout des collectionneurs, a publié l'année dernière une réédition des Post-Historiques, très bonne série qui évoque Les Pierrafeux. J'apprends qu'il s'apprête à sortir en un volume deux épisodes de Pepito première période. Ces livres s'adressent peut-être plus aux connaisseurs qu'aux nouveaux-venus, mais ils ont l'immense mérite d'exister. On peut se les procurer probablement plus facilement ici qu'en librairie. En espérant qu'un jour, Luciano Bottaro soit enfin reconnu à sa juste valeur.

Commentaires

12 déc. 2006 00:32

Au revoir Bottaro. Je connais 1% de l'oeuvre mais je garde quelques pures crises de rire en mémoire... Je le place à côté de Vandersteen, de Tezuka, de Carl Barks : des gars talentueux, productifs, fantaisistes, avec chacun à sa façon un rapport assez comique à l'autorité (et à l'argent d'ailleurs).
Sans parler de rééditer du Bottaro, il faudrait peut-être que quelqu'un sorte un vrai livre sur Bottaro, qui permette d'avoir une idée exacte de l'oeuvre et du parcours...

Jean-no
13 déc. 2006 13:24

Tout à fait d'accord. Merci pour ces informations, extrêmement intéressantes et touchantes pour ceux qui ont baigné pendant des années dans la lecture de ces fascicules de gare à cent balles (achetés, c'est vrai, Gare St Lazare), et en espérant que les livres prévus (promis?) verront le pour. Un hommage à Bottaro, en contrepoint d'un "omaggio a Schlingo" est en cours (c'est un songe concret). Ça sortira, si tout va bien (enfin, façon de parler) en même temps que la prochaine chute des feuilles...

Ch.R.
15 déc. 2006 07:10

Pepito...Que de souvenirs me reviennent en (re)voyant ces couvertures. Merci.
Quand j'étais gosse je n'étais pas trop intéressé par Tintin ou Spirou...Je lisais Pepito (c'était dans Pepito, Tartine Mariol?) et bien d'autres comme Blek le roc etc...ainsi que les BD de la collection Artima (Tarou, Atome Kid, Cosmos etc...)
En tout cas, encore merci:-)

sioran
20 déc. 2006 17:34

c'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends le décés de Bottaro. Pour moi ce genre d'homme comme les plus grand de la BD ne peuvent pas mourir. Leurs noms sont associés a la jeunesse et ils resteront eternellement jeunes. Je suis sur qu'il ne se rendait pas compte du plaisir immense qu'il nous a procuré et nous n'avons meme pas pu lui dire merci..

trooper
21 déc. 2006 20:30

Vu le Pepito chez Jouve. Pas aussi beau que chez Cornelius (on attend impatiemment). Et même plutôt moche. Finalement le Futuropolis était parfait. Cherchez-le.

Ch.R.
25 déc. 2006 22:40

Ciao Luciano! MERCI Mr BOTTARO de tout votre parcours! j'aurais aimé voir votre joie en tenant entre vos doigs le dernier album des éditions Jouve
C'est une oeuvre d'art à conserver, une réussite de toute une équipe et d' Annabella votre fille, qui a toujours fait votre fierté.
grand collectionneur, je remercie les Editions JOUVE
pour leur grand hommage à votre égard!
CIAO! Mr BOTTARO .....et merci encore!
...sans oublier vos amis qui vous ont accompagnés
dans votre parcours et ceux qui vous regrettent:
Benito JACOVITTI, Carlo CHEDLI, Sergio ASTERITI, Antonio TERENGHI, Giorgio REBUFFI, Egidio GHERLIZZA, Franco ALOISI, Giusepe PEREGO, Guido SCALA, Raphael MARCELLO, etc.







JABARIS
26 déc. 2006 19:13

bonjour,

je signale que la revue semestrielle BANANAS a publié des récits de BOTTARO dans ses deux numéros parus en 2006

la revue étant difficile à trouver chez les marchands de livres, on ne la trouve que chez les libraires dignes de ce nom, c'est-à-dire dans bien peu d'endroit
il est toujours possible de commander la revue chez son libraire ou envoyer un chèque de 15 euros (libellé à l'ordre de BANANAS) à l'adresse suivante :

BANANAS
22 boulevard Général Leclerc
B5
95100 ARGENTEUIL

(je ne suis pas sensé faire de la pub pour mes propres productions, mais si j'attends que la presse en rende compte, je risque d'attendre longtemps)

Evariste BLANCHET (BANANAS)

evariste blanchet
4 janv. 2007 14:21

Oui c'est une grande perte mais le pire c'est que toute la production de ce géant soit dispersée et non rééditée chronologiquement et commentée intelligement.

Ce serait bon que cette grande maison qui en fait trop sur Pratt songe à se mettre au service des monstres du dessin...

Alors, bonne route monsieur Bottaro les personnes qui aiment les illustrés vous gardent toujour en mémoire.
E-

E-lin@
22 fév. 2007 21:53

que de nuits passées à lire en cachette, sous les couvertures les récits de mon ami le corsaire...Et que de journées à chiner pour reconstituer en séries complètes tous ces petits formats...les grands oubliés de la BD dite populaire.Ciao mr BOTTARO.

becdefer
20 sept. 2007 11:54

revoir des couvertures de pepito apres une quarantaine d annees m a evidemment emu.Moi aussi ,gamin j ai devore les petits formats tels :tartine,blek, akim,zembla,etc....l air de rien cette B.D que l on meprisait à l époque a beaucoup contribué à ma culture génerale,à ma maitrise de la langue et au fait d etre toujours premier en dictée.Quant à pepito et meme si je n ai pas eu malheureusement l occasion de lire beaucoup de numeros, jaimais beaucoup son humour et j etais fascine par ventempoupe et son gout immodere pour le tafia.Enfin je suis tres heureux de savoir qu il y a encore des adultes qui,comme moi ont garde un coeur d enfant.

adli
28 déc. 2007 01:32

Des années à lire et relire les fasicules de Pépito, stockés dans une vieille malle par mon oncle, pendant mes vacances d'été... sans savoir alors le nom de son auteur!
Merci de rappeler à quel point ce type, Luciano Bottaro, était très très doué.
Vivement une meilleure réévaluation de son oeuvre, pas très connu (et encore un peu méprisé, je le crains).

Jerom

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