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assoDans le drame qui se joue à L'Association et dont je suis le premier à regretter les dérives écœurantes — il faut admettre qu'internet, la démocratie et les hommes en général, c'est aussi ça, beaucoup d'intelligence et d'utopie pour aboutir à beaucoup de laideur et de bêtise — il se trouve quelques personnes pour venir me questionner sincèrement sur mon intérêt à m'engager dans l'affaire. J'insiste sur la formulation: "mon intérêt à m'engager dans l'affaire".
Je ne veux pas m'étendre sur la consternation qui m'envahit face à ce tropisme d'aujourd'hui, qui fait qu'on n'imagine plus qu'une action puisse être menée si elle n'aboutit pas à un gain personnel ; c'est l'idée même de l'intérêt général et du bien commun qui est en train d'être effacée par l'époque — je reviendrai plus bas sur ce point. Mais, constatant que les enjeux de ce conflit restent obscurs à beaucoup et voyant qu'ils sont brouillés tant par les rumeurs (1) entretenues par les soutiens de Menu que par les ricanements de ses plus farouches opposants, je voudrais tenter de donner ici mon point de vue et les raisons de ma position.

Tout d’abord, Cornélius est un compagnon de route historique de L’Association. Nous sommes apparus à peu près en même temps — une année nous sépare. À ce titre, j’ai été le témoin, et parfois l’acteur, des nombreux sursauts et évolutions qu’a connu la structure. Je peux donc témoigner de ce que je connais de L’Association et il me paraît difficile, lorsque j’entends des contre-vérités dont les conséquences peuvent être lourdes, de ne pas les rectifier.

Ensuite, même si des envies différentes alimentaient nos structures respectives, Cornélius et L’Association partageaient un même idéal. Nous voulions changer les choses, aménager un espace original pour qu’une bande dessinée différente puisse s’exprimer — ou recommencer à s’exprimer.
Nous n’avons pas été les seuls à poursuivre ce but. Des prédécesseurs nous avaient légué quelques repères — pour moi, ce fût essentiellement l’Écho des savanes (première formule), Artefact, les Humanoïdes Associés et Futuropolis. D’autres éditeurs de notre génération creusaient des sillons parallèles — comme Amok, Fréon, les Requins Marteaux ou ego comme X. Mais au-delà de cette volonté d’élargir le territoire de la bande dessinée, d’en repousser les frontières de l’époque, je reste profondément convaincu qu’une idée sous-jacente irriguait nos différentes structures : ce qui importait, ce n’était pas seulement de faire des livres, mais aussi de les faire d’une certaine façon, respectueuse des auteurs, des lecteurs… des gens, tout simplement. Il y avait là une forme d’éthique, d’engagement moral, de positionnement politique. Menu ne l’a pas ignoré puisqu’il a construit une partie de l’identité de L’Association sur ce socle. Investissant comme aucun autre l’axe du discours, il a mis tout son talent à développer un cadre théorique à la vision partagée par tous les éditeurs susmentionnés. Les quelques contradictions qu’il n’a pu éviter appartiennent à mes yeux à l’anecdote. En revanche, ce qui se passe aujourd’hui à L’Association ne relève en rien de la simple contradiction anecdotique. Nous sommes face à une dérive caractérisée. On ne peut pas faire les livres qui paraissent à L’Association et traiter les gens comme Menu les traitent, c’est aussi simple que ça. (Pour être juste, il faut dire Menu ET Patricia Perdrizet, dont l’influence et la cogestion désastreuses doivent être dénoncées.)
Voilà pourquoi, outre le fait que je trouve naturel de venir en aide à des personnes que j’apprécie et qui sont agressées, je ne peux laisser trahir sans réaction l’idéal que je crois partagé depuis 20 ans par L’Association et Cornélius.

Par ailleurs, L’Association, quoi qu’en dise Menu, n’est pas sa création — le simple fait que la collection Ciboulette soit une déclinaison de la couverture conçue par David B. pour Le Cheval blême devrait le rendre plus prudent lorsqu’il revendique la paternité totale de la ligne graphique du catalogue. En revanche, Menu a été le moteur de L’Association, celui qui a fédéré et impulsé ; et ça, personne ne le lui dénie. Mais L’Association, telle qu’elle a été conçue, est un outil et une idée au service des auteurs et de la bande dessinée. Son histoire a même fait qu’elle est devenue un symbole. Menu, dont personne de sensé ne conteste ni le talent ni l’apport, n’a pas plus le droit de réécrire l’histoire que de s’approprier la structure comme il tente de le faire aujourd’hui, usant pour parvenir à ses fins de moyens honteux et condamnables — contraires même aux principes sous-tendant la structure. L’Association, comme le laisse supposer son nom, est un projet collectif. Que Menu ait trouvé bon de pousser dehors d’autres fondateurs était en soi étrange ; la logique aurait voulu qu’il parte — on peut supposer que l’expérience de J.C Menu Éditeur l’avait échaudé. Le fait est qu’il a choisi de rester. Le problème, c’est qu’on ne participe à la création d’un truc nommé L’Association pour faire ensuite mine d’oublier ce que ce nom — Ô combien emblématique — implique de serments. Nous allons laisser le beurre et la crémière en paix tant ils sont abusivement sollicités lorsque l’on veut invoquer le bon sens. Disons simplement qu’il y a un manque de cohérence absolu à vouloir transformer L’Association en caprice autocratique. Pour quelqu’un qui ne jure que par la cohérence, c’est assez ironique.
Pour sortir du débat venimeux sur les départs/démissions/exclusions, regardons plutôt ce qui s’est fait ailleurs. Marc Pichelin, cofondateur des Requins Marteaux, a favorisé le renouvellement des équipes de pilotage de la structure, décision qui a amené ce collectif à reconstruire son image avec le succès qu’on sait. Pichelin a ensuite choisi de se mettre en retrait de la structure, dont le groupe décisionnaire évolue régulièrement. On peut aussi évoquer le cas du Frémok, né de la fusion de Fréon et Amok. Cette association organise des élections pour décider de son conseil d’administration, dans lequel ne figurent pas forcément les fondateurs, comme Yvan Alagbé, qui ne détient pas plus de pouvoir que les nouveaux arrivants. Si l’on considère le travail accompli par les Requins et le Frémok depuis dix ans, on aura du mal à y trouver un quelconque déclin artistique.
Toute structure se développe conformément à son ADN. Vouloir le changer, c’est prendre un risque létal. Le projet de L’Association est fondé sur une origine collective. Depuis 5 ans, cette colonne vertébrale est régulièrement ébranlée. En conséquence de quoi L’Association est en déclin. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est J.C Menu et le bureau. La seule explication qu’ils trouvent à ce problème est de nature économique. Mais le problème est ailleurs.
L’Association n’est pas en déclin économique (2). Pas plus qu’elle n’est en déclin artistique (3). L’Association est en déclin idéologique — ou philosophique, ou moral, comme vous voudrez. Et c’est bien plus grave. Car ce n’est pas avec un best-seller qu’on se tire de ce genre d’impasse. Ne rien faire, c’est laisser la structure s’enliser plus profondément dans ces troubles «névrotiques» et permettre qu’un patron, qui fait semblant de ne pas l’être pour mieux asseoir son pouvoir morbide, continue, en plus de corrompre l’idéal fondateur, à faire souffrir des gens inutilement. Et ce en souffrant lui-même de cette double-casquette éditeur/patron qui lui a toujours pesé mais dont il n’a jamais su se séparer. Aujourd’hui, il m’apparaît évident que Menu, si il est encore un excellent auteur et un excellent éditeur, est devenu quelqu’un qui met en danger L’Association. Je l’ai entendu si souvent souhaiter la mort de la structure que je ne doute pas de sa capacité à la tuer, par caprice. Je n’ai rien contre les capitaines qui vont se saborder en mer. À condition que le navire leur appartienne et qu’ils soient seuls à bord…
En conséquence de quoi je crois qu’il est urgent de repenser le fonctionnement interne de L’Association, de sorte que plus personne ne puisse accaparer tous les pouvoirs. Il va de soi que cette hypothèse ne remet pas en cause l’implication de Menu dans la structure, bien au contraire. Mais qu’il y fasse ce qu’il sait faire le mieux : des livres.

Enfin, dernière raison qui fait que je me suis engagé dans ce qui peut passer pour un conflit de personnes — j’y vois moi un conflit de valeurs — il y a cette idée de l’intérêt général que j’évoquais en préambule. Peut-être d’ailleurs sera-ce là le point qui convaincra les plus suspicieux des réalités de ma motivation.
Le «mouvement» auquel appartient Cornélius est un écosystème fragile. Nous existons tous peu ou prou depuis vingt ans, une nouvelle génération nous a rejoint, une autre est en train d’apparaître — que nous avons le devoir d’aider. Si l’acteur le plus symbolique de cette mouvance venait à disparaître, nous serions face à un séisme aux répercussions systémiques, qui mettraient en danger tous les équilibres de cet écosystème.
Tout d’abord, de nombreuses personnes, agacées pour des raisons qui m’indiffèrent par notre existence, pourraient enfin proclamer la mort de l’alternative. Mieux, elles seraient enfin en mesure de démontrer son caractère structurellement chimérique. Ne nous y trompons pas, ce discours catastrophiste serait d’autant mieux entendu qu’il viendrait commenter une catastrophe. La première conséquence de cette parole réactionnaire et fière de l’être serait de ringardiser l’idée même d’alternative.
Les médias, qui sont trop souvent hypnotisés par les tendances — voir les nombreuses et stupidissimes rubriques «up & down» dans la presse — ne feraient pas que relayer cette idée ; elles la concrétiseraient. Le nombre d’articles consacrés aux auteurs «difficiles» et aux livres «courageux» décroîtraient en quelques mois du simple au néant. Accompagnant ce discours, la place accordée en librairies aux éditeurs indépendants se contracterait mécaniquement — un Cornélius ne remplaçant pas systématiquement un L’Association puisque l’alternative, dans notre hypothèse, est devenue ringarde. Inutile d’expliquer que des structures déjà fragiles économiquement auraient la plus grande peine à résister à un tel mouvement de défiance.
On peut espérer que tous les éditeurs alternatifs auraient la capacité de résister — ce dont je doute — jusqu’à la phase d’expansion qui suivrait immanquablement. Mais qui nous dit qu’ils profiteraient de ce retournement ? Les publieurs de bande dessinée, à mon sens, seraient les plus à même, par leur puissance structurelle et financière, à occuper la place laissée vacante. Mieux, ils seraient les partenaires les plus crédibles sur le plan économique. Certains libraires feraient de la résistance. Mais cela ne serait pas suffisant pour empêcher l’hémorragie d’aller à son terme.
Par ailleurs, et pour envisager d’autres options, rien n’indique que cette phase d’expansion se déroulerait au profit des publieurs. Elle peut aussi se faire aux dépens de la bande dessinée dans son ensemble, pour favoriser un rayon Jeunesse plus dynamique ou un rayon Fantasy qui attend son heure — je ne suis pas un détracteur de la Fantasy dont Lewis Carroll ou Michael Moorcock sont de merveilleux ambassadeurs.
La mort de L’Association serait pour l’ensemble du monde de la bande dessinée alternative — et donc de Cornélius — un cataclysme dont peu d’éditeurs se relèveraient. Conséquence directe de ce charnier, de nombreux auteurs ne trouveraient plus à être édités, car trop peu «vendeurs». Et beaucoup de libraires y trouveraient une source de désespoir, dans un métier dont on a déjà dit les difficultés.
Il y aurait, plus tard et inévitablement, une renaissance de l’alternative. Après tout, L’Association, Cornélius et les autres sont bien nés de la mort de la génération précédente. Mais en ce qui me concerne, j’aimerais mieux ne pas être le cadavre dont émergeront mes successeurs. Mieux, je préfère contribuer à les voir se développer et ne demande qu’à les aider, pour que la vie dans cet écosystème continue d’être agréable et fraternelle.
Voilà, en quelques raccourcis, la dernière de mes raisons d’agir comme je le fais et de dire, avec les salariés, avec le comité de soutien, avec les adhérents, avec les auteurs, et même avec Menu : «Longue vie à L’Association!» — Et je rajouterai même : «Longue vie à mon concurrent!»


P.S: Je dépose ce texte tardivement, pour qu’il ne puisse pas être accusé d’influencer l’Assemblée Générale de demain, lundi 11 avril 2011.


  • (1) Je suis supposé avoir noyauté la grève des salariés pour précipiter la mort de L'Association et m'emparer de son catalogue. Comme quoi même les plus grands esprits peuvent tomber à cours d'intelligence et de mémoire.
  • (2) Les chiffres démontrent la bonne santé économique de L’Association. Elle a des frais et ses ventes permettent de les couvrir largement. Mieux, elle est bénéficiaire. Certains se sont émus de la baisse du chiffre d’affaires. Ce point ne signifie pas que la structure va mal. Même des pertes ne sont pas forcément la preuve d’une mauvaise santé. Tout cela dépend du niveau d’activité, des investissements, des frais exceptionnels, etc. La seule chose que je peux affirmer, c’est que L’Association, avec un chiffre d’affaire constitué pour plus de la moitié par la vente de ses livres de fond, et dégageant plus de 5% de bénéfices, est une structure saine et profitable. D’importantes économies structurelles pourraient être faites sans licencier qui que ce soit, à hauteur, selon moi, de plusieurs dizaines de milliers d’euros…
  • (3) Cependant, contrairement à ce qu’affirme Menu, la ligne n’est pas plus radicale — tout ce qui est paru depuis qu’il est seul aux commandes aurait été édité sans problème avec les autres associés. En revanche, d’autres livres qui paraissaient avant ne sont plus au rendez-vous. La ligne n’est pas plus radicale, elle est plus étroite.

Le dessin du cartouche est de Killoffer.



Commentaires

11 avr. 2011 08:42

D'accord avec tout ce qui est dit dans la première parti du texte, beaucoup moins avec la seconde... qui se résume à "En dehors de nous pas d'alternative"... J'y crois moins

Adrien
11 avr. 2011 09:08

@Adrien : Je ne pense pas dire "En dehors de nous pas d'alternative", ou alors je me suis mal fait comprendre. L'alternative ne meurt jamais; elle peut refluer, disparaître dans les marges, se revivifier, réapparaître, être imitée, etc… Mais, à titre personnel, je préfère qu'on la maintienne la plus active et la plus dynamique possible, de sorte que les nouvelles générations d'auteurs et d'éditeurs puissent construire en s'aidant de ce que nous avons mis en place: un réseau de diffusion, des rayons dédiés en librairie, un lectorat fidèle et curieux…
Par ailleurs, et pour être le plus clair possible, je ne résume pas non plus l'alternative à la jeunesse. Des éditeurs comme Maurice Nadeau ou Éric Hazan me paraissent encore très alternatifs malgré leurs 70 ans passés.
Pour moi, l'idée d'alternative peut croiser l'underground mais elle est surtout à prendre au pied de la lettre: un choix différent à la proposition majoritaire. Ce qui veut dire que Delcourt ne sera alternatif que le jour où les éditeurs alternatifs domineront le marché — et auront donc cessés de l'être.

JLouis
11 avr. 2011 10:17

Excellent texte, la notion d'écosystème, fragile qui plus est, relate exactement la réalité des faits, il me semble. Si on ne se serre plus les coudes chez les alternatifs, auteurs, éditeurs et lecteurs confondus -et salariés pour le coup-, c'est la fin des haricots. Je rajouterai que l'écosystème implique aussi une notion d'équilibre avec les "gros" éditeurs, au delà de tout schéma manichéen, les uns doivent se nourrir des autres, les autres doivent créer en réaction. La fin d'une bande dessinée alternative peut signifier la fin de la bande dessinée tout court, et vice versa, les exaltés des deux bords -dont des fois je fais partie- ont du mal à comprendre cela.
A part ça, il ne faut pas se mettre bille en tête, on est toujours le social-traitre de quelqu'un, surtout sur le net. C'est particulièrement absurde dans ce cas bien précis, enfin bon, c'est la vie.

Matto
11 avr. 2011 12:16

@JLouis : Pour ce qui est de Maurice Nadeau, il aura même 100 ans le 21 mai prochain. Marrant que son nom apparaisse ici : lorsque j'ai lu sur le blog du comité de soutien un anonyme traiter Menu de "mémère trotskyste", j'ai tout de suite pensé à Maurice Nadeau... En tout cas merci pour ce texte.

Mathias Rocher
11 avr. 2011 12:55

L'alternative a déja bien été mise à mal.
L'absorption par de gros éditeurs des auteurs jugé "rentables" ou porteurs d'une image de marque valorisante a déja été un sacré coup de semonce.
La disparition du comptoir des indépendants a été un premier séisme. Les structures les moins solides en ont fait les frais.
La disparition de l'Association contribuerait à fragiliser l'écosystème, pourtant elle ne me semblerait pas de nature à menacer sérieusement l'existence d'autres maisons comme Cornelius.
Des batailles ont été gagnées, la presse relaye largement les nouveautés intéressantes qu'elles soient éditées par Cornelius, L'an 2, flblb où d'autres encore. L'association n'est plus, et depuis longtemps, le chouchou des médias (l'a t'elle été un jour ?), de sorte que cet intérêt pour les indés ne devrait selon moi pas disparaître de sitôt.

stéphane
11 avr. 2011 15:46

Je suis d'accord avec tout ce que dit le monsieur.

Guy
14 avr. 2011 11:10

"Pour moi, l'idée d'alternative peut croiser l'underground mais elle est surtout à prendre au pied de la lettre: un choix différent à la proposition majoritaire."

Ca fait des années que les gros éditeurs publient de l'alternatif (ware et compagnie) donc il serait temps de voir que la bédé alternative, cela n'existe plus. Sortir du déni.

Sinon le texte ne me touche ni ne me parle mais sans doute trop fouillis pour que je saisisse ce que l'auteur veut me dire vraiment.

Lena
14 avr. 2011 12:48

@Lena : "Ca fait des années que les gros éditeurs publient de l'alternatif (ware et compagnie) donc il serait temps de voir que la bédé alternative, cela n'existe plus."
Effectivement, vous n'avez pas bien lu le texte, peut-être "trop fouillis", comme vous dites. Mais c'est sans importance.

JLouis
14 avr. 2011 17:29

"Lettre américaine" fut l'ouvrage qui me fit connaitre l'autre versant des éditions alternatives après m'être jeté d'abord sur les keupons de la famille (Le dernier cri, les requins marteaux).
La crise de l'Asso fut l'évènement qui me fit connaitre la parole de certains de ses acteurs, comme David B. ou vous même. Pour avoir trainé et trainer encore mes envies dans le monde associatif, j'ai pu vivre des crises identiques, où méprises et intérêts personnels viennent foutre le boxon dans des projets enthousiasmants, toujours nés du mélange des idées et des idéaux de plusieurs. j'ai voulu écrire une jolie phrase mais j'en ai perdu le fil, alors je reviendrai à l'essentiel, votre discours et votre positionnement sont de ceux que j'aurai aimé trouver plus souvent sur mon chemin. Bon courage pour la suite et pour la tenue de ce blog aux commentaires si merveilleusement différents...

les yeuxronds
14 avr. 2011 18:43

Il est vrai que la disparition de l'Association serait une catastrophe, on peut difficilement argumenter sur un point aussi évident ! Le métier des 'faiseurs de bd' qui publient de l'alternatif comme alibi est différent de celui de ceux qui y mettent leurs tripes par passion (on sortira 'shampoing' de l'analyse tant cette collection est différente). La disparition des vrais alternatifs nous priverait de livres indispensables que nous ne connaissons pas encore (whaaa, comme c'est trop bien dit !).

En tant que fidèle lecteur de longue date, je regrette particulièrement l'aspect 'je me prends ultra au sérieux' du catalogue récent de l'Asso, et je regrette que la ligne de livres du genre de 'Slaloms' soit, non pas complètement absente, mais si peu présente. Le retour des fondateurs mettra j'espère un peu plus de fantaisie dans le catalogue.
(c'était pour rebondir sur la remarque concernant l'étroitesse de la ligne éditoriale que je partage).

Phiip
14 avr. 2011 21:15

A propos d'indépendant, est-ce que vous savez si Georges Lucas va bientôt sortir un Star Wars 7 ? Merci.

Scarlet
14 avr. 2011 23:19

Cher Jean-Louis,
je viens de lire ton texte. j'ai plusieurs questions à l'issue de l'A.G de lundi.
1)Comment expliques-tu que dans un même mouvement tout le monde soit "symboliquement" satisfait, et que les trois "amis de vingt ans" n'aient qu'en tête la fin de Menu. La chose a été dite de vive voix à plusieurs reprises, voir retranscrites.
2)comment expliques-tu que ces salariés demandent des dessins de soutien à des illustrateurs dont la plupart ont à peine le R.S.A pour vivre. C'est quoi pour toi un auteur?
3)où sont l'ouverture d'esprit, les valeurs que tu défends lorsque les précomptes des auteurs ne sont pas fait depuis des mois par ces salariés exemplaires.
4) pour l'avoir dit en public, je ne puis être que d'accord avec toi sur la catastrophe que serait la disparition de l'association. La catastrophe ne serait-elle pas de même nature si l'association devenait un "shampoing" bis?

dégé
15 avr. 2011 08:31

@dégé : Salut Guillaume,

je quote ton message:

1)Comment expliques-tu que dans un même mouvement tout le monde soit "symboliquement" satisfait, et que les trois "amis de vingt ans" n'aient qu'en tête la fin de Menu. La chose a été dite de vive voix à plusieurs reprises, voir retranscrites.

J'explique cette satisfaction par le fait que le résultat illustre ce que la majorité des gens ressentait face la crise: l'incompétence de Menu en matière de gestion est pointée du doigt, son talent et son apport sont reconnus. Sur les propos de Lewis, je constate dans les déclarations que j'ai pu lire, qu'il utilise le conditionnel, type : "Il faudrait l'exclure du comité éditorial". Le sang était chaud, la rancœur partagée, mais ça me paraît surmontable. De toute façon, je ne pense pas que qui que ce soit, dans la situation actuelle, ait intérêt à faire comme si ce vote n'existait pas et ne voulait rien dire.


2)comment expliques-tu que ces salariés demandent des dessins de soutien à des illustrateurs dont la plupart ont à peine le R.S.A pour vivre. C'est quoi pour toi un auteur?

Qu'est-ce qui se passe, Guillaume? Tu bascules en pleine désinformation? Les salariés n'ont JAMAIS demandé le moindre dessin. C'est une initiative des auteurs eux-mêmes d'apporter ainsi leur soutien et de contribuer à payer un avocat qui s'est montré bien utile et bien coûteux.

3)où sont l'ouverture d'esprit, les valeurs que tu défends lorsque les précomptes des auteurs ne sont pas fait depuis des mois par ces salariés exemplaires.

Je sens là une hargne vis-à-vis des salariés qui me semble étrange. Tu as un compte à régler avec eux? Tu as décidé de chevaucher le manichéïsme en compagnie de Barbara? Tu ne connais pas ces personnes et tu n'as jamais souhaité te pencher sur leur position qui, n'ont contente d'être moralement défendable, s'inscrit dans le strict cadre de la loi. Tu es venu nous expliquer sur scène que tu avais été menacé dans ton école par une direction idiote et tu t'acharnes aujourd'hui sur des salariés menacés par une direction idiote? Détends-toi. Pour ce qui est des précomptes, tu es bien plus au courant des affaires internes de L'Association que je ne le suis. Mais tu as raison, c'est vrai, c'est une faute qui mérite le fouet. Il faut dire que trois mois de conflit face à une direction qui fait la sourde oreille et multiplie les coups bas, ça occupe l'esprit et ça prend du temps. Mais fouet il faura donner. Puisque tu sembles avoir à cœur de rendre service, on compte sur toi. Tu seras gentil de passer chez Cornélius dans la foulée car là-bas aussi, il y a un retard de précomptes sans excuse de grève.

(Tu as remarqué? Je ne me suis pas foutu de ta gueule en me contentant d'accoler "ouverture d'esprit", "valeurs" et "précomptes d'auteurs". C'est parce que je t'aime.)


4) pour l'avoir dit en public, je ne puis être que d'accord avec toi sur la catastrophe que serait la disparition de l'association. La catastrophe ne serait-elle pas de même nature si l'association devenait un "shampoing" bis?

Cher Guillaume, là-encore, tu me sembles reprendre mots pour mots les paroles d'un autre. Et ça ne te ressemble pas car, pour te connaître, je peux affirmer que tu n'as jamais manqué de caractère. J'ai du mal à imaginer ce que tu soupçonnes. Car tous les livres parus depuis 5 ans auraient été publiés à L'Association par son comité éditorial originel. Et donc par l'actuel.

Allez, fais comme moi, détends-toi. Reprend un bretzel.

Jlouis
15 avr. 2011 08:53

Merci pour ce texte, clair, éclairant, et surtout calme. Parce que toutes les récentes interventions de Jean-Louis Gauthey m'inspiraient plutôt la réaction suivante : "Quelle agressivité ! Quel style, et quelle vacherie ! On dirait du Menu... Doué pour faire des livres ET pour envoyer chier le monde, un peu le même modèle finalement. Preuve de plus que ce conflit est fratricide".

Raoul
15 avr. 2011 12:10

"3)où sont l'ouverture d'esprit, les valeurs que tu défends lorsque les précomptes des auteurs ne sont pas fait depuis des mois par ces salariés exemplaires.

Je sens là une hargne vis-à-vis des salariés qui me semble étrange. Tu as un compte à régler avec eux? Tu as décidé de chevaucher le manichéïsme en compagnie de Barbara? Tu ne connais pas ces personnes et tu n'as jamais souhaité te pencher sur leur position qui, n'ont contente d'être moralement défendable, s'inscrit dans le strict cadre de la loi."

Je lis ce passage dans les commentaires.
Pourquoi quand on veut vous parler il y a toujours une espèce "d'agressivité" et de hargne qui ressors quand vous répondez ?
Je lis ce passage et je ressens juste de la tristesse dans ce que veut vous dire cet internaute. Merci de ne pas projettez ses sentiments dans la discussion afin de ne pas alourdir cette discussion.

Lena
15 avr. 2011 19:46

@Jlouis :
en peu de mots,
Je n'ai aucun doute, et l'ai dit sur ton honnêteté, ce qui me pose question c'est ton acuité visuelle. Comment peut-on dire à la fois "on t'aime, on t'adore, on va te tuer".
la simultanéité du message me semble équivoque, à tout le moins.
enfin, je n'ai bien évidemment rien contre les salariés, nous sommes tous (ou presque tous!) dans la même merde, et je ne vois pas à priori de signes d'embellie , mais crois-tu sincèrement que les erreurs de gestion de menu ont entraîné la chute de lehman brothers?
enfin, si les salariés sont dans une situation douloureuse que dire des auteurs, qui sont tout de même le premier maillon de la chaîne , que dire des petites structures éditoriales, librairies?
prosit!
guillaume

dégé
15 avr. 2011 21:44

Mon dieu mais vous êtes tous faits en porcelaine ou quoi?

matto
18 avr. 2011 09:08

@dégé :

"Je n'ai aucun doute, et l'ai dit sur ton honnêteté, ce qui me pose question c'est ton acuité visuelle. Comment peut-on dire à la fois "on t'aime, on t'adore, on va te tuer".
la simultanéité du message me semble équivoque, à tout le moins."

"Tuer" est un mot que je n'ai pas entendu employé par les "adversaires" de Menu. D'ailleurs, Menu a proposé de se laisser égorger et la salle s'est récriée. Robial, en revanche, n'a cessé de revenir à cette idée d'assassinat de manière obsessionnelle. Fantasme? Dramatisation? Pour ce qui me concerne, je te le répète, il n'est pas question de tuer Menu.

"enfin, je n'ai bien évidemment rien contre les salariés, nous sommes tous (ou presque tous!) dans la même merde, et je ne vois pas à priori de signes d'embellie , mais crois-tu sincèrement que les erreurs de gestion de menu ont entraîné la chute de lehman brothers?"

Ben heu… Lehman Brothers, non. Je ne vois pas le rapport. T'es sûr que c'était une tentative de démonstration, là?

"enfin, si les salariés sont dans une situation douloureuse que dire des auteurs, qui sont tout de même le premier maillon de la chaîne , que dire des petites structures éditoriales, librairies?"

Oui oui, je te renvoie à mon texte.
Mais, mon cher Guillaume, je pense que maintenant qu'un vote clair à renvoyé chacun à la nécesité d'un peu de bonne volonté, il vaudrait mieux pour nous interrompre ce débat et les bruits parasites afférents. Laissons-les se parler, s'organiser, et nous, buvons un coup.

JLouis
18 avr. 2011 15:15

Ca n'a rien à voir avec Limoge...
c'est juste une question de pouvoir communiquez et échanger.
Sinon ça part dans "je m'écoute parler" et le manichéisme.

Lena
11 mai 2011 13:33

Chère Lena, Dégé n'est pas un "simple" internaute, il est un acteur de premier plan de la crise qui se joue en ce moment à l'Association. Leur discussion est donc plus profonde que les simples mots échangés dans ce blog.
Voilà, c'était pour préciser un peu... Pom, pom, pom.

Je suis cette affaire avec (très) grand intérêt publiant dans Lapin, Shampooing et étant co-fondateur d'une structure de micro-édition qui doit en effet tout à la génération L'Asso-Cornélius-Requins-Frémok-etc, sans laquelle les libraires et le public nous pêterait encore à la figure lorsqu'on leur apporte des nouveaux ouvrages à vendre. De l'édition alternative est née la Micro-Édition (artisanale, issue et en échange permanent avec le fanzinat), domaine qui continue de nourrir les auteurs plus jeunes (les blogueurs par exemple) et les étudiants en arts et autres auteurs en herbe (dont certain à qui le monsieur Dégé donne des cours étant prof d'illustration).

Bien à vous,
Hum,

Sylvain-Moizie

Sylvain-Moizie
25 mai 2011 21:43

Une petite réaction de la maison Cornélius après le départ de Menu de l'Association?
Ce qui est tout de même la conséquence (et non des moindres) du mouvement que vous avez soutenu et auquel vous avez participé étant donné votre participation active à l'AG qui avait confirmée la position de Menu.

PS : excellent Mister Wonderful

kayoo83
26 mai 2011 09:03

@kayoo83 :Oui, je veux rédiger quelque chose et surtout parler des graves problèmes que rencontrent les Requins Marteaux, scandaleusement occultés par des médias avides de sensationnalisme et de facilité. Laissez-moi juste le temps de finir mes cartons et de changer la serrure de la porte du nouveau local dans lequel nous devons emménager sous deux semaines — haaaaan haaaan — et je m'y colle !

JLouis

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