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Permettez que j'interrompe notre auto-promotion coutumière pour une petite ruade personnelle. Mr (ou Mme?) verite6775 m'informe par email que je suis un "nazi de gauche", me comparant à un certain monsieur Goebbels que je ne connais pas. Malgré des références historiques trop pointues pour moi, je comprends que cette personne cherche à me dire quelque chose. Je réfléchis un moment et finis par déduire à la lecture de ce texte court et relativement argumenté qu'elle regrette mes récentes prises de position favorables aux salariés de L'Association dans le conflit qui les oppose à leur "direction" (je mets entre guillemets ce terme qui me parait impropre). Je finis par supposer de certaines apostrophes que c'est un commentaire laissé sur le site Du9 qui me vaut cette communication. Je choisis donc de le reproduire ici, légèrement modifié, dans l'hypothèse que d'autres monsieur ou madame Vérité (la famille a l'air nombreuse) veuillent me contacter et m'instruire un peu plus sur moi-même; je ne demande qu'à devenir moins lourdaud.
La thèse de Jean-Christophe Menu est sous presse. Son titre, "La bande-dessinée et son double" renvoie à Antonin Artaud. Sur le thème du double, la référence à Stevenson aurait pu être aussi riche de sens. Mais JC Menu a choisi de se ranger du côté des poètes, dont il partage la sensibilté et, peut-être un peu, la folie. Les fans attendent avec impatience cette nouvelle brique dans l'œuvre de la Mappemonde, qui leur en a donné la primeure lors d'une soutenance publique dans l'amphi-théâtre "gestion" de la sorbonne. Joie, joie, joie.
Le penseur est fêté, mais il n'en n'oublie pas pour autant ses proches. Ainsi, pendant que les groupies se roulent à ses pieds et qu'elles glorifient son "infantilisme nostalgique" (qui pourrait presque prétendre à devenir la nouvelle incarnation du romantisme), les salariés de L'Association se font copieusement piétiner par les rangers du Maître. Une forme de dédicace qui devrait les réjouir. Mais au lieu de ça, les ingrats réclament qu'on les écoute et s'offusquent que leur soit proposé de rencontrer un "psycho-sociologue" (sic) en lieu et place de leurs revendications. C'est un fait avéré, les salariés ne sont que des enfants capricieux dans des corps d'adultes. À ce titre, ils devraient pouvoir s'entendre avec le "Génie Infantile"…? Mais voilà, les enfants sont jaloux par nature, ils refusent de reconnaître la supériorité de l'un des leurs lorsqu'ils y sont confrontés. Pauvre J.C, incompris par ceux qui lui doivent salaire et reconnaissance (encore qu'il a toujours refusé d'être le patron officiel de L'Association — ne pas brouiller l'image du rebelle). En réclamant aujourd'hui plus de transparence et de respect, les salariés-voyous menacent une œuvre que vient tardivement consacrer cette thèse (c'est vrai qu'il a fallu avant cela s'occuper du mythe persistant des associés-fondateurs, tâche pénible et chronophage). Menu aurait du virer ces parasites plus tôt ! Ils ont maintenant l'appui de nombre d'auteurs. Pire encore, un comité de soutien s'est créé qui réclame que la démocratie, dont La Mappemonde avait fini par débarrasser la structure, soit rétablie! Que le code du travail soit respecté! Que l'esprit collectif des origines soit restauré ! Et tout ça, au mépris de l'Art! Heureusement, Menu est un vrai combattant, un révolutionnaire qui n'a pas peur de se salir les mains quand la cause est menacée. Il a donc réuni hier matin, samedi 22 janvier 2011, un commando de choc et a monté dans le plus grand secret, avec les vieux complices Patricia Perdrizet, Pacôme Thiellement, Étienne Robial et quelques plus récents camarades, une Assemblée Générale extraordinaire de L'Association dans un cabinet d’avocats installé rue de Varennes, dans l'immeuble mitoyen de Matignon (où travaille pour le peuple français cet autre grand punk, François Fillon). Le but ? Réécrire les statuts en douce, obtenir les pleins pouvoirs et avoir enfin les mains libres pour rééduquer les masses (salariales en l'occurrence). Malheureusement, le sort s'acharne… Un groupe composé d'adhérents, d'auteurs et de salariés, mis au courant de la tentative de putsch, a débarqué pour faire échouer cette courageuse tentative. Quelle tristesse… Après la Côte d'Ivoire et la Tunisie, c'est un nouveau coup dur pour la bande dessinée. (23 janvier 2011)
Commentaires
Coucou,
adhérent1166J'aurais pu le noter sur du9, mais, comment dire... vous faire remarquer que comparer la Tunisie avec le sort des 7 employés de l'association est quelque peu disproportionné? C'est dommage, car cette conclusion dessert un texte qui, s'il est polémique, n'en est pas moins sérieur.
Salut adhérent 1166. Bien sûr que c'est excessif! Mais c'est pour rire. Et croyez-moi, Menu n'était pas le dernier dans ce genre d'exercice. On rigolait bien ensemble. Mais voilà, aujourd'hui, ça tombe sur lui et dans le fond, ça me désole. Où est le Menu déconneur et généreux que j'ai connu? Quand est-ce qu'il rescucite pour remplacer ce notable auto-satisfait, sérieux comme la mort, plus libéral qu'un élu UMP? Haaa, ça doit être ça, ce qu'on appelle la vieillesse. Je comprends mieux toute ces histoires de curés sur "la mort qui nous délivre, bla bla bla".
JLouisHello,
adhérent1166Merci de cette réponse rapide. Et je vois ce que vous voulez évoquer, un peu la même chose que la transformation du personnage Breton d'agitateur en gardien du temple.
La question sous-jacente - et je ne sais pas si ici est le lieu pour l'aborder - est: JCM est-il instrumental à l'Association? L'Association peut-elle vivre sans lui?
Une solution possible commencerait-elle par "virer Menu"? Allez, mettons l'éléphant sur la table, c'est bien ce cela dont il s'agit. Sauf que personne n'a jusqu'ici osé le dire (pardon, l'écrire) si nettement.
Vraiment, c'est un univers qui volent bien bas. Et quand tous ces beaufs s'associent pour donner des leçons, c'est encore plus triste!
Le verre de terre (Socrate)Merci jl pour ta vision des choses. Si j'ai bien compris, en synthèse, la mappemonde et ses compères veulent privatiser l'assoc pour en tirer les justes dividendes. Et dire,, que j'ai toujours cru que le départ des membres fondateurs était lie a des divergences sur la ligne éditoriale de l'assoc. Encore un truc chouette dont on parlera avec nostalgie dans quelques années...heureusement qu'il y aura toujours cornelius !!!
LoicNe cachez pas la forêt derrière l'arbre. En donnant quelques noms vous prétendez marginaliser une affaire bien petite et lamentable!
ego (Socrate)Ce n'est pas une affaire de quelques hommes, mais de toute une culture! De personnes qui se contentent de brandir des mots, des concepts creux, des leçons...Trop occupés à se satisfaire de leur paraître ils ont perdu les quelques petites Valeurs qu'ils avaient dans un temps ancien et oublié.
"marginaliser une affaire bien petite", "Pas une affaire de quelques hommes, mais de toute une culture"… Moi pas comprendre.
JLouisSi je suis solidaire avec les revendications des salariés...
loïcSi je me moque bien du devenir d'une personne qui ne respecte pas le droit du travail...
Il en reste pas moins que je ne comprends pas l'engagement des éditions Cornélius dans ce conflit.
Être solidaire à titre individuel est une chose, l'être au titre d'une structure "concurrente" me dépasse.
Certainement un choix cornélien (si je peux me permettre).
@JLouis;
ego (Socrate)C'est un paniers de vieux crabes! C'est tout le panier qui est à jeter!
Alors cette petite et triste histoire n'est que la partie visible!
Toi, comprendre?
L'association a été racheté par casterman, qui a été racheté par delcourt, qui a été racheté par glénat, qui a été racheter par média-participations, qui a été racheter par cornélius, voila la vérité6775!
tintinTous ces longs discours pour de simple problème de présentoirs commerciaux dans des boutiques. Et de gugusses qui veulent être patrons sans être capables de l'assumer pour ne pas renier leurs rêves d'adolescents.
ego (aka Socrate)C'est la chose la plus importante du monde!!!!
A quand une attaque contre les médias parce que cette info n'est pas passée au 20h?!!
Là, Jean-Louis, c'est fort bien dit. Gageons que Février soit le mois d'ouverture de 2011 (et Janvier, la triste fin de 2010). C'est un peu chinois, mais ça ne peut pas faire de mal de sortir de notre eurocentrisme.
Christian RossetBonjour Jean-Louis.
loïcMerci d’avoir pris du temps pour répondre à mon commentaire.
Une éventuelle disparition de l’association serait un événement important dans l’histoire de la l’édition « différente ». On peut parler de catastrophe. Je suis d’accord avec vous. Jean-Christophe Menu semble également de cet avis. (Pour dire cela, je me réfère au compte rendu sur le site de soutien aux salariés.)
Vous avez eu raison de rappeler les liens historiques personnels qui vous lient à l’association. Pour autant, cela ne justifie pas l’implication d’une structure morale dans ce conflit. Vous pouvez très bien le faire à titre personnel. Votre position me surprend d’autant plus que vous savez user de pseudonyme pour ne pas mélanger les choses et les activités (ce n’est pas une critique mais une constatation).
Comme vous le précisez, la structure Cornélius a fait des choix différents de celui de l’association.
Les routes se séparent clairement au moment du changement de diffuseur-distributeur (cdi-> harmonia). Vous n’êtes pas le seul éditeur à avoir fait ce choix mais il est clair que sans le poids économique de votre catalogue, je ne suis pas persuadé que votre nouveau diffuseur-distributeur se serait lancé dans l’aventure.
Je tiens à préciser que je ne critique pas ce choix. Vous avez fait ce que vous estimiez bon pour votre structure. Il n’empêche que cette décision marque une divergence politique et idéologique avec l’association (actionnaire « majoritaire ? » du comptoir des indépendants). On pourrait s’interroger sur l’impact de ce changement sur votre ancien diffuseur-distributeur (le comptoir des indépendants). L’arrêt du comptoir laissant des petits éditeurs indépendants. Ils auront beaucoup de difficulté à trouver un diffuseur-distributeur. Il y a donc des morts annoncés (moyen et court terme)… mais ce n’est pas le sujet.
Si je pose cette situation, ce n’est pas pour critiquer votre politique de développement mais pour mettre en évidence la (ou les) divergences entre vous et l’association.
Je pense donc qu’il est logique que des personnes s’interrogent sur votre nécessité d’impliquer la structure Cornélius dans un conflit externe à votre entreprise. Je ne suis pas surpris de voir que des personnes s’interrogent sur vos intentions. C’est même assez logique.
On fait parfois les choses avec des bonnes intentions mais à l’extérieur, elles ne sont pas perçues de la même manière.
Définitivement, je ne comprends pas le désir d’impliquer des structures morales dans ce conflit.
Je pense la même chose des requins marteaux ou du Fremok (Situation encore plus coquasse lorsque l’on connait les événements passés et les qualités de gestion des conflits pour ses deux structures.)
@loic :
ValentinEst ce bien le sujet de discuter de la prise de positon de cornelius ? Jl a eu le mérite pour des gens comme moi qui ne sont pas du milieu, d'expliquer clairement ce qui se passait et je l' en remercie. Quand libération prend position, on ne lui reproche pas. A vrai dire, c'est moi qui ne vous comprends. A moins que vous ayez d'autres desseins. Assez d'omerta !! Je veux comprendre pourquoi une structure comme l'asso a pu arriver la ou elle en est arrive aujourd'hui. Comprendre pourquoi la plupart des membres fondateurs sont partis... Et comment sortir de l'orniere.
Bonjour Valentin,
loïcLorsque l'on fait un blog et que les commentaires sont ouverts, il ne me semble pas illogique de s'exprimer.
Je pourrais très bien m'exprimer sur un forum. Il en existe beaucoup... Mais non ! Je préfère exprimer mon sentiment à l'endroit qui me semble le plus approprié pour le faire.
C'est également une question de franchise.
Pour en revenir à votre argument, Libération et Cornélius ne font pas le même travail. Il ne faudrait pas confondre.
Bien à vous
Cornélius c'est de la tuerie et l'Association c'est du caca, c'est mon avis personnel, mais je parle au nom de tout les lecteurs de bande dessinée.
ThomasUn bobo pédant parisien sort des livres de l'association à chaque fois que j'en ouvre un, et me snob violemment, à coup de code barre du genre "on a pas voulu mettre de code barre car on subversif, mais en fait tu comprends même pas car c'est de l'ironie, mais on le pense vraiment quand même".
Quand j'ouvre un livre de cornelius, l'odeur des pages m'enivre, je savoure chaque goûte d'encre le plus longtemps possible, je me sens tout bizarre, je caresse la couverture, et je joui.
Je dis ça car il m'est interdit de critiquer un produit de l'Association avec mes fréquentations. Alors c'est mon avis, il est très nul, mais j'ai raison et pas vous.
JLouis,
loïcJe suis intervenu sur ce forum afin de donner une opinion. Voilà, c’est fait.
Vous avez raison. Je n’ai pas connaissance de l’historique complet des relations entre votre structure et celle de l’Association. Je n’ai donc pas forcément assez d’éléments pour comprendre la situation présente.
Vous le reconnaissiez dans votre première réponse, je ne suis pas le seul à ne pas comprendre le positionnement de Cornélius. Les personnes doivent être dans la même position que moi. Vous gagneriez peut-être à éclaircir les choses ? (même si je pense que vous n’en avez rien à faire de la clarté sur ce sujet).
Concernant les mouvements sur la diffusion-distribution, je vous trouve un peu trop sur de vous pour affirmer que je n’ai pas connaissance de l’historique… mais cela est un autre problème.
Je pense que ce commentaire est le dernier sur ce sujet.
Je vous souhaite des bons livres
Bien à vous
Loïc
Il est vrai que je ne connais pas les détails. Et alors, cela suffit-il pour justifier une attitude condescendante? Et ne pas vouloir en dire plus.? Il ne fallait pas ouvrir un débat public si c'est pour se la jouer condescendante!
SocrateBien des donneurs de leçons abordent des sujets dont ils n'ont aucune connaissance. N'est-ce pas! Vous vous sentez visés?
Ici nous avons 2 patrons (voyous?).
L'un qui ne respecte ni la loi ni ses employés.
L'autre qui fait de l'ingérence chez la concurrence, en mettant de l'huile sur le feu.
Il est nécessaire de faire appel aux patrons de CAC 40 pour expliquer à ces petits patrons que la société a besoin de dignité, de respect, de Valeurs...
Sera-t-il nécessaire que les patrons du CAC 40 créent une commission, une gréve, une pétition... pour vous enseigner les bonnes manières?
Je n'étais pas dans le bureau... Par contre, j'ai pu suivre les humeurs, mouvements et autres sentiments durant un long moment. Je tiens à le redire, je ne critique pas cette décision. Elle vous appartient.
loicJe pense que l'édition est à une période charnière. Je pense principalement à l'édition indépendante. Ayant un intérêt pour la chose (de près ou de loin), je tente justement de comprendre l'évolution des structures et de ce secteur de l'édition. D'un point de vue éditoriale, je suis moins sensible à la production de Cornélius. Je trouve que (depuis quelques année)vous vous êtes dirigés vers de la traduction plus que de la création. Sur l'année 2010... 11 traductions, 3 rééditions et 5 créations (je pense ne pas me tromper).
Si j'ai une question à poser, c'est justement sur ce point. Pourquoi ne pas faire plus de place à la création ?
JLouis;
socrateAu vu de ton dernier texte. Quelle vulgarité! Derrière une toute petite couche de vernis. Le personnage se découvre. Et le tableau est assez clair.
J'ai suivi quelques unes de tes "opérations". Il y a cette constance: mesquinerie et vulgarité.
PS: Tu ne le sais pas, mais cela n'a rien a voir avec indépendance et liberté.
À Trucrate: Et c'est donc toi qui aura parlé de vulgarité. Joie.
JLouisEncore ton même truc argumentaire. "C'est celui qui dit qui est".
Mais c'est vrai que je suis un conard. socrateT'es vraiment dans le simplisme!
PS: il manque un "n" à "conard", mais c'est pour respecter ton style. JLouis
JLouis;
socrateT'as modifié mon post!!!
T'es vraiment une merde, un fake!!!!
À Socrate: Décidément, il faut tout t'expliquer. Donc, comme je te le précisais ci-dessus: Rires. Beaucoup.
JLouisCa va j'avais compris. C'est pour rire!O!O!O!O! Bien gras.
Tu modifies mon post pour une grosse blague.
C'est trop drôle!!!
T'es vraiment à plaindre, au fond. Avec tes magouilles à 2 balles. Ta manière d'échanger, de communiquer. De ne pas accepter d'autres opinions...
Tes tirades longues et creuses. Et tes efforts pour faire passer ta vulgarité pour du deuxième degrés alors que c'est simplement nature.
Mais bon, à part ça, c'est tout de même vrai que je suis un conard. Et pas vulgaire, au moins. Burp. socrate
Salut jean-louis,
Puisque l'on est maintenant hors sujet, je te pose une question : le passage au dos toilé, c'est définitif ? Tiens, une autre pour la route, des kitaro, il y en a encore beaucoup (parce que j'avoue j'ai craqué au 6 eme tome) ? Sinon continue, si tu n'existais pas cela ferait longtemps que j'aurais arrêté de lire de la BD.
ValentinImagine que tu vas chez des gens. Hmmm, non, ça ne va pas comme exemple, tu ne vas pas comprendre… Imagine que tu vas au bistrot. Tu viens pour te saoûler. Tu as besoin de cette ivresse, c'est ce qui te permet de parler. Et quand tu parles, tu brailles. Ça te fait du bien. Ça te soulage. Alors tu te répands. Peu importe les autres types assis en salle ou accoudés au bar. C'est toi qui cause. Et quand tu causes, tu dis c'que tu penses ! Parfaitement ! Et même que d'abord tu dis quesse que tu veux ! Parce que merde bordel, on est en démocratie ou quoi ? Et si tu veux balancer au patron que c'est un gros con qui sent sous les bras, et ben, merde, tu lui dis ! Parce que t'es comme ça ! Certes, au bout d'un moment, les clients soupirent, le patron se lasse, et tu te retrouves sur le trottoir les quatre fers en l'air. Tu as encore la force de gueuler à la vitrine que c'est tous des enfoirés qui laissent pas les opinions différentes s'exprimer. Et puis tu te mets en quête d'un nouveau bouclard.
Maintenant, tu vas rentrer chez toi et reprendre ailleurs tes exploits stylistiques. Ta vie va se poursuivre devant ton ordinateur où, guidé par la recherche de cette ivresse propre à l'internet, tu continueras à te saoûler de toi-même, grisé par l'anonymat et le sentiment de puissance qu'il procure. Burp. JLouis
Concernant Kitaro, nous prévoyons de publier 12 volumes d'histoires courtes et 2 hors-série au ton plus adulte (dont un qui se déroule pendant la guerre du vietnam). Nous aurons ainsi traduit la totalité des histoires écrites et dessinées par Mizuki, les pages produites ultérieurement le voyant se mettre en retrait au profit de ses assistants.
Merci pour vos encouragements, croyez-moi, ils ne sont pas inutiles par les temps qui courent. JLouis
J'ai lu le texte que Menu a mis en ligne et je l'ai trouvé très triste. Je ne parle pas des petits mensonges qu'il accumule inutilement, ils ne sont pas dignes de lui (affirmer que la tentative d'AG n'était pas illégale, c'est un peu fort de café. Illégale, malhonnête, elle l'était, absolument, totalement, d'où qu'on la regarde). Non, je parle de l'énergie qu'il déploie pour ne rien régler. Encore une fois, il aurait suffit de s'intéresser aux autres et de leur parler pour que rien de ce qui menace L'Association aujourd'hui ne soit advenu. Menu le reconnaît, il n'est pas doué pour les relations humaines. C'est le seul tort qu'il s'attribue dans ce texte. Mais il le fait pour évacuer le problème, pour dire qu'il est comme ça et qu'on n'y peut rien (il parle ailleurs de "torts partagés", superbe sophisme pour dire que rien n'est véritablement de sa faute). Tout cela manque de mesure et de hauteur alors que la situation réclame de tous des efforts difficiles.
JLouis<br />Le texte véhicule un égocentrisme très "menuesque", mais il le fait avec une insistance étrange, qui m'a mis mal à l'aise. C'est peu dire que j'ai été déçu de trouver dans des lignes que je pensais destinées à rechercher une forme d'apaisement des postures très éloignées de la volonté de dialogue. Le plus choquant étant son incapacité à se poser la moindre question qui sorte du périmètre de son nombril et à se dépeindre de manière très efficace, très réfléchie, très orchestrée, en éternelle victime. Ce n'est pas nouveau, je sais, mais de voir les mêmes ficelles produire les mêmes résultats me laisse comme deux ronds de flan. Car il est évident que cette lettre est une réussite et qu'elle atteindra son objectif. Elle propose, par ses simplifications et sa personnification extrême, la version à laquelle tout le monde aura envie de croire. Je dois l'admettre à contre-cœur, c'est très fort (je ne veux pas écrire "bien joué").
<br />Évidemment, je lis aussi dans cette lettre, en creux, l'annonce de représailles sur des salariés auxquels il est évident que Menu ne pardonnera rien et auxquels il attribue tous les torts (il est vrai que leur dernier communiqué était bien maladroit). Telle que je vois la situation aujourd'hui, j'ai du mal à imaginer les deux parties se retrouver et travailler ensemble. Je pense que d'ici à deux ans, la totalité de la "masse salariale" aura quitté L'Association, volontairement et dans le plus complet silence. Car, ça aussi je le lis dans la lettre, si Menu a appris quelque chose de cette crise, c'est bien que le caractère humain est un obstacle à la réalisation de ses envies. Et qu'on ne l'y reprendra plus. Finalement, celui qui répète une énième fois qu'il ne sera jamais patron (alors que la lettre est aussi une longue énumération de toutes les décisions qu'il a prise en totale contradiction avec cette posture un peu creuse), celui-là laisse entendre qu'il le sera désormais totalement, se coulant dans ce que le rôle a de moins intéressant, un exercice du pouvoir sourd et aveugle. Petite parenthèse: il n'est peut-être pas accidentel que tous les anciens salariés de L'Association se soient reconnus dans les problèmes soulevés par la "masse salariale" actuelle. Mais, comme le fait remarquer un adhérent sur le blog du comité de soutien: "moi, adhérent depuis le 20ème siècle, je n'ai jamais eu pour ambition de nourrir un coursier ou un comptable devenus inutiles. Mais d'aider à faire des livres." Face à une opinion à ce point "décomplexée", comme on dit en ces temps sarkozystes, je dois dire que j'en arrive presque à douter de l'intérêt de mon métier; je me sens comme déconnecté.
<br />La lettre de Menu, je le répète, est un modèle du genre. Elle anesthésie le lecteur par des majuscules, des assertions, des chiffres*, des émotions, des paragraphes qui, savamment disposés ensemble offrent un spectacle séduisant, tableau de transparence et de clarté qui s'évanouit dès lors que l'on s'approche pour s'intéresser aux détails. À ce niveau, c'est presque de la prestidigitation. <br />
Après un tel tour de force, je dois le dire, je ne crois plus à la supposée "innocence de ce grand enfant". C'est trop magistral, trop propre, trop bien fait. Il est désormais clair pour moi, et ce constat va me déprimer durablement, que ce garçon n'est pas seulement un grand éditeur et un grand auteur, mais aussi un grand manipulateur. Ce qui, je le comprends, ne gênera pas grand monde. Au contraire, certains y trouveront même une raison supplémentaire de nourrir leur admiration. La mienne, en revanche, va avoir du mal à s'en remettre.
<br />Je le reconnais, cette histoire me laisse dans une profonde amertume. Mes convictions sont ébranlées, je ressens une forme de vacuité. Pire que tout, j'ai le sentiment d'avoir perdu quelqu'un. C'est sûrement que je suis devenu un vieux con. Tant pis pour moi.<br />
<br />*: chiffres que je pense facilement contestables, du haut de ma petite expérience de gestionnaire.