Kitaro s'encanaille
Par Cornélius, mercredi 9 juin 2010 à 18:26 :: Infos :: #381 :: rss
Chers amis, ceci est une mise en garde. Micmac aux enfers va vous entraîner dans une aventure bien singulière. Attendez-vous à être désorienté, déstabilisé, désespéré. Votre héros préféré fume, bois, jure, assiste impuissant au suicide de son amie et s’engouffre dans les tréfonds des enfers. Mais quelle malicieuse raison le pousse-t-il à déraper de la sorte ?

Unique, de par sa longueur et sa noirceur, les 450 pages ininterrompues de Mic Mac aux enfers remontent à une époque ancestrale, où Kitaro n’est pas encore surnommé le repoussant. Il vient à peine de ramper hors de sa tombe et pérégrine dans ce que Mizuki appelle des Contes Nocturnes, destinés aux librairies de prêt.

La version présentée ici fut spécialement redessinée pour le magazine d’avant-garde Garo, entre 1967 et 1969. A cette époque où règnent l’effervescence artistique, Mizuki et Kitarô s’attèlent, en parallèle des récits pour enfants, à créer dans Garo une autre forme de bande dessinée, innovante, marginale et déviante. Dans ce laboratoire se cultive une esthétique de l’angoisse, étouffante, de lumières expressionnistes, de solides lignes noires et de minuscules hachures entremêlées.

Il en résulte une aventure, aujourd’hui encore, extravagante, libérée des garde-fous et totalement asservie à ce rapport étrange que Mizuki entretient au monde : celui des allers-retours entre la vie et la mort.


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