pierreAttention, voici une petite merveille à ne surtout pas rater! Une nouvelle fois, elle est signée Shigeru Mizuki et devrait vous réjouir si vous avez eu le bon sens de ne pas couper les liens avec votre enfance. Blagues scatologiques, terreurs enfantines et aventures fantastiques sont au programme de ce conte mélancolique et graveleux. Aucun doute, Mon copain le kappa saura séduire quiconque plongera dans le bain.
Comme tous les yokaï, ces êtres surnaturels qui peuplent l’univers fantastique de Shigeru Mizuki, le kappa est un personnage issu de la mythologie japonaise. Diablotin anthropomorphe vivant dans les rivières et les étangs japonais, la légende dit qu’il attirait les jeunes filles au fond de l’eau afin de leur prendre leur vertu. Devenu populaire dans la littérature, les mangas et l’animation, son image a évolué au cours du XXème siècle pour finalement incarner un personnage malicieux, sympathique voire bienveillant.

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Le jeune Sampei Kawara ressemble étrangement à ces créatures, à tel point que deux kappas en goguette s’y méprennent et l’entraînent de l’autre côté du miroir, point de départ d’une série d’aventures hilarantes. À travers cette trilogie burlesque, qui fait écho à Kitaro le repoussant, Shigeru Mizuki renoue avec la tradition du conte populaire dans lequel un enfant - souvent orphelin - parvient à apprivoiser un monstre. Oscillant constamment entre le fantastique et le quotidien, Mizuki joue sur son terrain de prédilection, un mélange des genres dans lequel le conte traditionnel fait la part belle à la critique ironique du Japon contemporain.

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Derrière l’humour slapstick à tendance scatologique transparaît une véritable empathie pour l’enfant qui ne cesse de se heurter à l’abandon de sa famille. Confronté en accéléré à tous les tourments de l’enfance et de l’âge adulte, hanté par la mort omniprésente tout au long du récit, Sampei trouve son salut dans sa relation avec son copain le kappa, l’autre comme lui.

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