Nouveautés de février 2
Par Pierre Cornélius, mardi 24 février 2009 à 15:30 :: Nouveautés :: #302 :: rss
Afin de débuter l’année en toute beauté, j’ai décidé de vous proposer un nouvel ouvrage de Daniel Clowes. Il sort en cette fin de semaine chez nos amis libraires, sous le titre de Eightball. Contrairement à sa muse, la Magic 8 de Mattel, il ne vous suffira point de secouer le rectangle orangé pour que la réponse à tous vos soucis vous apparaisse. Au mieux, vous vous musclerez les avant-bras, au pire, l’ouvrage vous glissera des mains pour finir sa course sur votre malheureux voisin. Et là , votre avenir est tout tracé...

Né en 1961 à Chicago, Daniel Clowes apprend à lire dans les comics des années 1950 hérités d’un frère aîné. Au terme d’une enfance timide et solitaire, des études d’art au Pratt Institute de New York achèvent de le démoraliser. Il publie en 1989 chez Fantagraphics le premier numéro de Eightball, que Chris Ware considère aujourd’hui comme le plus grand comic-book de la fin du XXe siècle. Le succès public vient ensuite avec l’adaptation de Ghost World au cinéma en 2001. Sacré romancier graphique, le Robert Crumb de la Génération X dessine notamment pour le très sérieux New York Times Magazine.
La jeunesse des années 90 se reconnaît dans David Boring ou Ghost World, récits d’aliénation, misanthropes et mélancoliques, dans leurs personnages que tourmentent le mal être adolescent, ainsi que dans son expression de la difficulté du passage à l’âge adulte dans une Amérique suburbaine à la banalité mortifère.

En 1989 le jeune Daniel Clowes crache sa frustration au visage de l’Amérique conformiste en une série de « krazy komics », publiés dans les pages de son magazine Eightball entre les épisodes de Comme un gant de velours pris dans la fonte ou Ghost World. La trentaine de courtes histoires rassemblées ici témoigne de la versatilité d’un artiste qui passe de la satire sociale à la blague de potache, de l’anecdote absurde à l’étude psychologique, en s’offrant, au passage, le luxe de détourner l’imagerie et les codes des comics.

La satire est réjouissante, renversant pêle-mêle intellectuels et sportifs, artistes et prolos, chrétiens et satanistes, hippies et puritains. L’auteur place cette anthologie sous la protection dérisoire d’une icône des années 1950, la Magic 8 Ball , gadget créé par Mattel en 1946, et invite le lecteur à une orgie de mépris, de vengeance, d’abattement, de désespoir et de perversion sexuelle
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À découvrir de toute urgence sur notre site dans la section nouveautés !


Commentaires
1. Le vendredi 27 février 2009 à 13:15, par bruno
2. Le samedi 28 février 2009 à 09:07, par Paul Cornélius
3. Le samedi 28 février 2009 à 18:49, par Jules
4. Le lundi 2 mars 2009 à 10:49, par Gemma
5. Le lundi 30 mars 2009 à 22:46, par KENT
6. Le mercredi 1 avril 2009 à 19:01, par zora
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